Mafia: Le dernier degré de l'infiltration

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Mafia: Le dernier degré de l'infiltration

Message par 6clopes le Mar 23 Fév - 16:26

Forza Italia

Le parti de Berlusconi né de tractations entre État et mafia. Le premier parti créé par Silvio Berlusconi, Forza Italia, a été le résultat de tractations entre l’État et la mafia au début des années 90 qui auraient été menées après une série d’attentats sanglants de Cosa Nostra, a affirmé ce lundi un témoin lors d’un procès à Palerme. « Mon père m’a expliqué que Forza Italia était le fruit des tractations entre l’État et la mafia », a affirmé Massimo Ciancimino, fils de l’ex-maire mafieux de Palerme. Au début des années 90, le gouvernement et la mafia sicilienne auraient, selon des mafieux repentis, négocié un pacte de non-agression pour mettre fin à une série d’assassinats mafieux, dont les spectaculaires attentats à la bombe contre les juges Falcone et Borsellino. (s: Le Soir 08/02/2010).


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Montreal: La mafia aux portes de l'hôtel de ville? Tremblay craint pour sa famille

Message par 6clopes le Mar 23 Fév - 16:34

source: ledevoir.com

Un climat de peur règne à Montréal, constate Gérald Tremblay. Si la mafia a infiltré le milieu de la construction, elle semble être aussi aux portes de l'Hôtel de Ville. Le maire n'a pas peur pour lui, mais pour sa famille.

Gérald Tremblay affirme qu'il n'est pas naïf. Dès son arrivée au pouvoir en 2001, il a été mis au courant par un haut fonctionnaire des rumeurs concernant des enveloppes brunes qui circulaient à l'Hôtel de Ville. «Il y a un certain nombre d'entrepreneurs qui se partagent des contrats et des territoires, comme ce que vous entendez qui sort présentement [dans les médias]. Honnêtement, j'ai tout fait pour essayer d'éclaircir la situation en mettant en place des clauses anticorruption et anticollusion [dans les contrats].»

En rencontre éditoriale hier après-midi, Gérald Tremblay pèse ses mots. Il prend parfois une pause avant de se lancer. Le sujet est délicat et il veut éviter à tout prix les faux pas. «Il faut faire attention aux réputations. Quand on n'a pas de preuves, on se ramasse avec des mises en demeure, peut-être des menaces et de l'intimidation. Il faut faire attention à ce qu'on dit. [...] J'ai une famille et des enfants. Je ne voudrais pas me ramasser avec des problèmes, j'en ai assez comme ça. Moi, je suis capable de prendre la pression comme individu, comme maire de Montréal, mais je ne peux pas demander à ma famille et à mes enfants de faire la même chose.»

Il rappelle qu'en octobre 2005, en pleine campagne électorale, deux bombes avaient été découvertes à son chalet de Saint-Hippolyte et neutralisées par les policiers. «Heureusement que ma famille n'était pas là, dit-il. J'ai eu des avertissements dans le passé. Je n'ai pas appelé la police pour me protéger.»

Gérald Tremblay est conscient des dangers liés à la lutte contre la corruption et à la mafia. Il relate d'ailleurs un événement survenu en 1989, alors qu'il était ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie à Québec. Il avait alors refusé d'accorder un permis à une entreprise de production de vin associée à la mafia. Au Conseil des ministres, on l'avait bien averti qu'en cas de problème, il devrait se débrouiller tout seul en cour, à ses frais. «Savez-vous comment je m'en suis sorti? Parce qu'il [le propriétaire] s'est ramassé dans la valise d'une auto, raconte-t-il. Je n'ai jamais dit à mon épouse Suzanne que je courais le risque d'une poursuite de 6 millions.»

Un air de déjà-vu pour Louise Harel

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a elle aussi dû faire face aux façons de faire de l'industrie de la construction. Cela a nourri sa réflexion en 27 ans de carrière politique. En entrevue au Devoir hier, elle a tenu à souligner l'importance d'une intégrité exemplaire pour assumer les fonctions de maire de Montréal et d'une résistance à toute épreuve face aux «intérêts financiers puissants».

La situation actuelle la ramène à de vieux souvenirs. Au début des années 1970, son conjoint Michel Bourdon, alors président de la CSN-Construction, avait été le catalyseur du dossier noir de la construction qui a mené à la commission Cliche. Les menaces et les intimidations étaient alors le lot du couple Harel-Bourdon. «Je me souviens d'un dimanche soir où on nous a avertis de ne pas rentrer chez nous parce qu'il y avait un contrat pour tuer Michel», se rappelle Mme Harel.

De son côté, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, a demandé la protection de la police pour sa famille, même s'il assure qu'il n'a fait l'objet d'aucune menace. C'est l'ancien chef de police Jacques Duchesneau, bien au fait des ramifications du crime organisé, qui lui avait suggéré d'agir ainsi l'été dernier. M. Bergeron ne l'a d'abord pas pris au sérieux, mais son ascension dans les intentions de vote l'a incité à se raviser.

Aujourd'hui, Mme Harel, qui se dit «imperméable» aux influences du milieu de la construction et des firmes de services professionnels, soutient être la mieux placée pour faire le ménage à l'Hôtel de Ville. Ses adversaires en disent autant. Gérald Tremblay affirme qu'il est l'homme de la situation, alors que Richard Bergeron se présente comme sans reproches et comme le seul des trois candidats à la mairie à incarner l'intégrité.

Peur dans les corridors

Le climat de peur s'est aussi insinué dans les corridors de l'hôtel de ville. Selon nos sources, des fonctionnaires cherchent à prendre leurs distances de ce qui semble être un système. Au cours des derniers mois, certains d'entre eux qui se sont confiés à des journalistes faisaient eux-mêmes état de leur peur et ont en conséquence modifié leur façon de communiquer avec les médias. La succession de scandales (informatique, compteurs d'eau, SHDM, réfection de la toiture de l'hôtel et promiscuité entre les élus et les entrepreneurs) a soulevé des questions dans l'appareil public sur la complaisance de la Ville qui a permis les pratiques douteuses.

Au cours des derniers mois, des employés ont aussi été congédiés pour avoir trempé dans des activités louches, comme la surfacturation au service informatique. D'autres ont été remerciés de leurs services (avec indemnité) pour avoir tenu le maire dans l'ignorance dans des dossiers litigieux. «J'ai de plus en plus confiance dans la fonction publique, dit le maire. Est-ce qu'il y en a encore [des cas problèmes]? Peut-être.»

Enrayer le fléau n'est pas une mince tâche. «Il y a une limite à ce que je peux faire. Je ne suis pas un policier», rappelle Gérald Tremblay. Le noeud du problème, ajoute-t-il, c'est que ceux qui savent des choses et qui détiennent des preuves n'osent pas témoigner à la police. Sans preuve, la vérité peut difficilement émerger et les inculpations sont impossibles.

Selon lui, la tenue d'une enquête publique pendant que se poursuivent les investigations policières risque d'être un frein pour faire le ménage. «Quand il y a une enquête [publique], les gens disparaissent», laisse tomber le maire. Après un long silence, il évoque le cas de l'enquête policière éventée dans les médias au printemps concernant la réfection de la toiture de l'hôtel de ville qui, selon lui, a saboté les possibilités d'épingler les «mafiosos», notamment par l'écoute électronique.

Depuis son arrivée au pouvoir, la situation s'est aggravée. Malgré cela, Gérald Tremblay soutient avoir commencé le ménage en 2006 et qu'il a besoin de quatre autres années pour finir le travail.

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Montreal: La mafia est à l'hôtel de ville depuis longtemps

Message par 6clopes le Mar 23 Fév - 16:41

La mafia est à l'hôtel de ville depuis longtemps, dit Jean Fortier
Un ex-président du comité exécutif se confie au Devoir
Kathleen Lévesque
23 octobre 2009 Montréal

Ce n'est pas d'hier que la mafia a réussi à se glisser dans les officines de l'hôtel de ville de Montréal. Jean Fortier, président du comité exécutif sous l'administration de Pierre Bourque, affirme avoir décliné une offre de 100 000 $ en argent comptant pour garantir la vente d'un terrain municipal sur lequel la mafia avait des visées.

En entrevue au Devoir, M. Fortier a soutenu hier avoir été aux prises avec plusieurs dossiers soulevant des doutes sérieux sur les intérêts en jeu et la promiscuité avec la mafia. L'un d'eux concernait la mise en vente de la pépinière de Montréal située à Terrebonne, une banlieue en pleine explosion.

Un promoteur s'est particulièrement montré intéressé par ce vaste terrain d'une superficie de 115 hectares situé en zone agricole. Il était question d'y faire du développement immobilier. L'homme d'affaires a alors demandé à rencontrer Jean Fortier. Le face-à-face a eu lieu dans un restaurant du boulevard Saint-Laurent. C'était en 2000. «On m'a offert 100 000 $ pour assurer la vente de la pépinière sans appel d'offres. J'en ai ri sur le coup. Mais après, j'ai su que cette personne était liée à la mafia», se souvient M. Fortier.

Ce dernier a alors cherché à obtenir une protection au sein de l'appareil municipal. Il a entrepris en vain des démarches auprès du maire Bourque, du directeur général d'alors, Guy Coulombe, et même auprès du gouvernement de Lucien Bouchard. Jean Fortier raconte avoir alors compris qu'il était seul devant le problème. «Les gens ne me croyaient pas. Les gens croyaient que je fabulais pour me rendre intéressant. Tout le monde est complaisant dans cette affaire-là. Je vous dis la vérité. Je n'ai pas trouvé beaucoup de personnes prêtes à m'appuyer dans une démarche comme ça. Il y avait seulement quelques fonctionnaires de la Ville, parce que c'est une aventure humaine que les gens ne sont pas prêts à vivre», explique-t-il.

Le politicien a donc pris ses propres précautions. Il a d'abord raconté l'histoire en détail à un avocat et à un ami juge. «Quand on subit des pressions, il faut que vous vous disiez: "J'aurai peut-être une balle dans la tête, mais il y a quelqu'un qui va le savoir"», lance Jean Fortier en assurant pourtant ne pas avoir eu peur pour sa sécurité physique. La crainte que sa réputation puisse être atteinte l'inquiétait davantage.

«J'ai été obligé de mettre des micros dans mon bureau pour être certain qu'on ne vienne pas m'offrir d'autres sommes d'argent», explique M. Fortier. Ce système d'écoute a été installé par les services internes de la Ville. Jean Fortier affirme l'avoir utilisé une seule fois.

L'ancien président du comité exécutif dit avoir bloqué la vente tant qu'il a été en poste. Sa meilleure protection, estime-t-il, fut sa persévérance.

La pépinière de Terrebonne a été vendue en 2005 par l'administration Tremblay-Zampino à une société en commandite appelée Côte de Terrebonne, appartenant au fonds immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ.

Hier, au Fonds de solidarité, on a confirmé être propriétaire du terrain et vouloir y faire du développement immobilier. Des discussions sont d'ailleurs en cours avec un promoteur qu'on refuse d'identifier. On a toutefois été incapable de préciser si l'intérêt du Fonds avait été signifié à la fin des années 1990 à la Ville de Montréal.

De son côté, Jean Fortier ne fait aucun lien avec le Fonds de solidarité. Par ailleurs, le sommaire décisionnel de la Ville de Montréal recommandant la vente indique que la municipalité de Terrebonne avait demandé que le terrain lui soit cédé gratuitement, pour ensuite «revenir avec une offre de 500 000 $», puis avec une offre verbale d'un million de dollars.

Ce dossier n'est toutefois pas le seul à avoir eu des ramifications mafieuses, selon Jean Fortier. Ce dernier aurait prévenu en 2001 ses collègues du comité exécutif des relations entre une entreprise à qui Montréal s'apprêtait à donner un important contrat et le parrain de la mafia sicilienne au Canada, Vito Rizzuto. Encore là, M. Fortier n'aurait eu droit qu'à un haussement d'épaules.

Il n'hésite d'ailleurs pas à dire que la situation problématique exposée au grand jour depuis quelques mois, et dont le maire Gérald Tremblay a fait mention hier dans Le Devoir en parlant de collusion dans l'octroi de contrats et de circulation d'enveloppes brunes, avait déjà commencé quand il était en fonction. «Ces infiltrations m'ont coûté cher politiquement. Des gens disaient à Pierre Bourque: "Enlève-le de là-dedans, débarrasse-nous de ça"».

Le problème de moeurs était bien présent. «C'est clair que tôt ou tard, il y a quelqu'un qui récompense quelqu'un. Volontairement ou involontairement. De mon temps, je pense que c'était volontaire. Il y a des largesses qui étaient connues. Quand arrivait une campagne électorale, les contracteurs, en bons gentlemen, «potaient»; ils mettaient de l'argent parce qu'on est dans un système et qu'on engraisse le monstre», explique Jean Fortier.

Selon lui, une commission d'environ 5 % des contrats était aussi distribuée. Il ne peut toutefois affirmer si ce sont des élus ou des fonctionnaires qui ont profité du stratagème. Jean Fortier assure n'avoir jamais été sollicité. «J'étais l'innocent dans la gang parce que j'étais le gars que Pierre Bourque avait choisi parce que j'étais un "outsider". Quand il a compris que je comprenais, il a commencé à m'isoler. Le mieux qu'ils ont pu faire, c'est de ne pas me renseigner», analyse Jean Fortier après ces années.

Aujourd'hui, M. Fortier souhaite qu'une enquête publique soit instituée. «Ce que la police va découvrir, c'est des preuves de collusion criminelle. Mais ce qu'il faut découvrir, c'est le système par lequel cela fonctionne pour en arriver à une meilleure gestion de la Ville. C'est une commission d'enquête qui peut faire ça. Ce n'est pas en trouvant les coupables d'actes criminels qu'on va changer le processus», tranche-t-il.

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Mafia & Politique: notions contradictoires ?

Message par 6clopes le Mar 23 Fév - 17:38

Mafia et politique, voilà deux concepts en théorie contradictoires, mais dans les pratiques tout comme dans les mentalités collectives, ces deux notions sont perçues comme étroitement liées, voire indissociables l'une de l'autre.
Si dans les ressorts officiels, elles s'inscrivent dans une logique de confrontation avec d'un côté une mafia qui tenterait de déstabiliser et de contrôler l'Etat, la démocratie, les institutions,... et de l'autre, un Etat qui multiplierait les mesures de lutte anti-mafieuse, dans les ressorts officieux il s'agit d'une étape supplémentaire dans « l'échelle du pire », ajoutant à l'immoralité du clientélisme et à l'illégalité de la corruption, une dimension criminelle, une dangerosité sociale, d'autant plus que les structures mafieuses se servent de la corruption et du clientélisme pour atteindre le politique et réaliser ses buts.
Or, le mot « mafia » est lourd d'évocations fantasmatiques dans l'opinion publique, renforcé en cela par son aspect secret, souterrain, invisible. En fait, partant d'un mot sicilien dont l'origine n'est pas établie, signifiant au XVIè s. « vaillance », « courage », « sûreté de soi » et « arrogance », il va désigner des unions secrètes, puis vite évoluer vers une association secrète de malfaiteurs, et si certains chercheurs n'emploient ce terme que pour caractériser la Cosa Nostra, la plupart ont choisi d'universaliser cette notion et de l'appliquer à de multiples organisations criminelles opérant aux quatre coins du monde.
Attractif et équivoque, le mot « mafia » souffre de l'absence d'une définition qui fasse consensus.
A ce propos, la France, qui est dépourvue de mafias indigènes, ne propose pas de définition de la grande criminalité organisée. Quant à celle de l'ONU, adoptée lors de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée à Palerme en décembre 2000, elle est très laconique : « un groupe structuré de trois personnes ou plus existant depuis un certain temps et agissant de concert dans le but de commettre une ou plusieurs infractions graves, pour en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel ». Mais c'est celle de l'UE qui est la plus précise en fournissant onze caractéristiques 1) collaboration entre plus de deux personnes, 2) des tâches spécifiques attribuées à chacune d'elles 3) sur une période de temps assez longue ou indéterminée, 4) avec une forme de contrôle ou de discipline, 5) suspectées d'avoir commis des infractions pénales graves, 6) agissant au niveau international, 7) recourant à la violence ou d'autres moyens d'intimidation, utilisant des structures commerciales ou de type commercial, 9) se livrant au blanchiment de l'argent, 10) exerçant une influence sur les milieux politiques, les médias, l'administration publique, le pouvoir judiciaire ou l'économie, 11) agissant pour le profit et/ou le pouvoir.
Face à ces ambivalences, il est nécessaire, pour clarifier l'analyse, d'adopter une définition précise et opérationnelle de la criminalité organisée, quitte à ce qu'elle soit arbitraire et restrictive. Il s'agit d'une organisation structurée, utilisant des moyens d'intimidation et recourant à diverses formes de crimes ou délits, devant nouer des contacts et/ou pénétrer les institutions politiques du pays ou les moyens d'administration locale, avec pour finalité la maximisation des profits et ressources ainsi que l'aspiration au pouvoir.

L'approche et l'infiltration du milieu politique représentent la forme la plus achevée d'organisation des éléments criminels-mafieux, distinguant les mafias des autres catégories de criminalité et d'associations de malfaiteurs. (en Russie, la criminalité s'identifie à une mafia dans la mesure où les « gangsters » sont liés à des cercles politiques nationaux)
Surtout, cela nous conduit à nous interroger sur la manière dont la sphère criminelle et la sphère politique s'interpénètrent, et nous demander si l'on peut parler de « criminalisation » du politique.
Pour cela, on va évoquer les collusions politico-mafieuses à travers deux trajectoires différentes, avant de voir les relations entre crime organisé, Etat et démocratie, pour enfin s'intéresser aux questions polémiques découlant de ces liens.

information complète sur:
www.oboulo.com/phenomene-mafieux-criminalisation-politique-40578.html

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Corruption-Québec inc.

Message par 6clopes le Mar 23 Fév - 18:01

source: www.oboulo.com
Rodrigue TREMBLAY
lundi 26 octobre 2009

Les révélations en cascades des dernières semaines sur les systèmes de collusion, de trafic d’influences, de favoritisme, de patronage et de corruption font ressortir un phénomène troublant : le Québec aurait le plus mauvais réseau routier de l’Amérique du Nord et le plus haut niveau d’imposition et d’endettement des administrations nord-américaines, non pas parce que les Québécois pris individuellement seraient inefficaces économiquement parlant, et moins productifs, mais plutôt parce qu’ils seraient victimes d’un système de corruption et de mauvaise gestion, lequel gonflerait les coûts des services publics, de l’ordre de trente-huit (38) pourcent par rapport à la moyenne canadienne dans certains cas, et abaisserait leur qualité.

En d’autres termes, les Québécois devraient payer plus pour moins, quand ce ne sont pas des viaducs mal construits qui leur tombent dessus et écrasent des automobilistes qui ne se doutent de rien. On aurait là une réponse partielle à des questions laissées sans réponse jusqu’à maintenant, comme celle qui consiste à se demander, par exemple, pourquoi il faut vingt ans au Québec pour construire un hôpital qui ne devrait qu’en prendre quatre, et qui coûtera en bout de ligne de deux à trois fois plus cher qu’ailleurs.


Le problème ne date pas d’aujourd’hui, mais il semble s’être intensifié depuis quelques années. Il faut se rappeler que dans le passé, le Québec avait donné un triste spectacle au monde en construisant un Stade Olympique mal conçu et non fonctionnel, et qui brisa tous les records en coûts de toutes sortes. Ce stade demeure encore aujourd’hui le point de référence mondial du comment ne pas faire en pareilles circonstances. La saga des deux aéroports internationaux de Montréal dysfonctionnels est une autre démonstration que cela fait longtemps que les choses ne tournent pas rond quand il s’agit de planifier de grands projets de construction au Québec, qu’ils soient sous l’égide des gouvernements d’Ottawa ou de Québec.

Les manchettes proclamant à la face du monde que “La mafia est à l’Hôtel de ville” de Montréal ou que le Ministère des Transports du gouvernement du Québec a de facto été privatisé font ressortir un problème de fond, lequel ne pourra pas être solutionné avec quelques enquêtes policières dans les seuls cas de criminalité ouverte. Il s’agit d’un problème systémique si bien ancré dans les mentalités prévalant en certains milieux qu’on a même tendance à nier son existence.

Ainsi, on rapporte que la sous-ministre adjointe au Ministère des Transports du Québec, responsable aux infrastructures et technologies, justifie la délégation de la planification de milliards de dollars d’investissements publics à des firmes privées, lesquelles sont en conflit d’intérêts évident quand vient le temps de soumissionner pour de tels projets, en invoquant « qu’on a besoin de tout le monde pour mettre la main à la pâte... ». N’est-ce pas là la définition même de la collusion, quand des parties présumées être en négociation décident plutôt de former un cartel public-privé ? La question de fond est la suivante : est-ce qu’un ministère peut fonctionner sans devenir une officine des contracteurs et des firmes de génie-conseil avec qui il fait affaires et avec qui il se doit de protéger l’intérêt public en obtenant le meilleur rapport qualité-prix ?

En mai 1974, le gouvernement Bourassa avait eu le courage de créer une Commission d’enquête sur l’exercice de la liberté syndicale dans l’industrie de la construction (présidée par le juge Robert Cliche, assisté de Brian Mulroney et de Guy Chevrette), alors que la corruption originait alors du monde syndical. Est-ce que le gouvernement Charest aura le courage aujourd’hui de créer une commission d’enquête sur les pratiques de planification et d’octroi des contrats pour les projets d’investissements publics, tant au niveau du gouvernement provincial que municipal, alors que la corruption semble aujourd’hui venir du monde patronal ? La confiance des citoyens dans la démocratie et dans l’appareil de l’état dépend de la réponse.

***

Rodrigue Tremblay, professeur émérite,
Université de Montréal,
ancien ministre de l’Industrie et du Commerce,
auteur du livre “Le code pour une éthique globale” (LIBER).

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Belgium Corruption inc

Message par 6clopes le Mar 23 Fév - 18:25

Et quel est le sport national en Belgique, parallèlement à la mise en résonance systématique d'absolument toutes les problématiques avec les soi-disant 'problèmes communautaires' savamment orchestrés au point qu'il semble fondé de se demander si cela ne fait pas partie du système de prévarication et de corruption ?


Dernière édition par 6clopes le Sam 5 Juin - 2:42, édité 1 fois

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Roberto Saviano

Message par 6clopes le Sam 5 Juin - 2:37


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Le porte-monnaie, talon d'Achille de la mafia

Message par 6clopes le Lun 7 Juin - 7:40


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Re: Mafia: Le dernier degré de l'infiltration

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