Pour rappel: mouvance CEPIC

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Pour rappel: mouvance CEPIC

Message par 6clopes le Jeu 11 Mar - 21:06

L'ombre de l'extrême droite ?



Plusieurs organisations néofascistes ou d'ultradroites ont été citées dans le cadre des enquêtes sur les « années de plomb » belges. « RésistanceS », en collaboration avec le mensuel belge « Avancées », vous propose une courte présentation de celles-ci.

Le Centre politique des indépendants et cadres chrétiens (CEPIC)
Le CEPIC se définissait comme un mouvement politique « en réaction à l'organisation et à la structuration de l'aile démocrate-chrétienne » (centre-gauche) du parti social-chrétien. Constitué de différents courants réactionnaires (conservateur, bourgeois et national-libéral) du PSC, il fut actif de 1972 à 1982 avec le soutien dès ses débuts du président Charles-Ferdinand Nothomb. Ses animateurs, qui se retrouvaient au Cercle des Nations, se prenaient pour des « croisés » de la civilisation occidentale. Ils défendaient un programme économique ultralibéral pour s'opposer à l'esprit « collectiviste » de l’époque.

Dirigé par Paul Vanden Boeynants (qui en deviendra son président en 1977), le baron Benoît de Bonvoisin, Jean-Paul Grafé, José Dessertes, feu Jean Breydel, Cécile Goor, Joseph Michel, Paul Vankerkhoven et bien d'autres, le CEPIC, lors de son premier congrès en 1975, reçut les encouragements de Léo Tindemans (le premier ministre CVP de l’époque).

Cette aile droite du PSC était liée au mensuel d’extrême droite « Nouvel Europe magazine » et au Front de la jeunesse (FJ). En 1982, le président du PSC Gérard Deprez ordonna la dissolution du CEPIC. Une partie de ses membres restèrent au parti catholique, une autre s’en ira au PRL et une troisième mit sur pied une nouvelle formation politique, le Parti libéral chrétien qui devra ensuite changer de nom sous la pression du PRL.

Il faut dire que le nom du CEPIC, associé à l’extrême droite, revenait régulièrement à la une de l’actualité dans le cadre d'investigations sur des dossiers dits « chauds ». Paul Latinus, le chef du groupe secret néonazi WNP, avait même été protégé par certains de ses leaders. Plus tard, le Parti des forces nouvelles (un groupuscule néonazi issu du Front de la jeunesse) accusera le CEPIC de lui avoir piqué son programme politique écrit en 1975, d'avoir confisqué « l’énergie militante des nationalistes » et détourné les « résultats des actions » du FJ d’après l'article « Au royaume pourri de Belgique » publié dans son mensuel « Forces Nouvelles », n° 80, en 1990.

Aujourd’hui, les anciennes gloires du CEPIC se sont éparpillées dans la nature. Certaines ont définitivement abandonné la politique. D’autres poursuivent le combat. Ainsi, à l’heure actuelle on retrouve des "cepistes" dans les directions des principaux partis d’extrême droite. « L'esprit Cepic » se retrouve également dans le journal politico-satirique « Pan ».



Cercle culture et liberté
Ce cercle d’extrême droite fut fondé en 1975 par un Belge, Daniel Collogne, qui vivait alors en Suisse. Il éditait « Totalité », une revue internationale diffusée chez nous par le Mouvement social populaire (MSP). Claude Mutti s'occupait de cette publication néofasciste en Italie et sera par la suite considéré comme l'un des penseurs de la « stratégie de la tension ». Le MSP était la branche belge d'un réseau italien de déstabilisation soi-disant antirégimiste. Pourtant, le 13 mars 1979, le major Bougerol, un proche du CEPIC, donna une conférence pour ce « mouvement social » qui organisait comme le WNP des opérations d'infiltrations dans les « lignes ennemies ». Le titre était: « Notre société malade de la subversion ».

Cercle des Nations (CDN)
Ce club sélect de la jet-set affairiste fut situé en face de l’Université libre de Bruxelles. Ce sont des « croisés » de l'Ordre du Rouvre qui en furent ses piliers. Ce « cercle » permettait la rencontre de personnalités d'horizons différents mais ayant un objectif commun: l'infiltration de tous les rouages de l'Etat (politiques, économiques, judiciaires, militaires). L'un des ciments qui réunissait ces personnalités était alors l'anticommunisme ambiant des années 70.

« Cafétéria ultra-chic » du Cepic, on trouvait dans son conseil d'administration des intégristes nationaux-catholiques, un des plus grands promoteurs immobiliers de Bruxelles, son ami Paul Vanden Boeynants. Egalement fréquenté par des « socialistes » (par exemple par Guy Mathot), le CDN servait d'adresse de contact à plusieurs organisations ultra-droitistes, tel le Centre européen de documentation et d'information (CEDI) de Paul Vanderkhoven, le patron de la Ligue internationale de la liberté (LIL) et de la section belge de la World anticommunist League (WACL).

Quasi moribond et victime du succès du Cercle gaulois (un haut lieu mondain moins « ultra-droite »), le Cercle des Nations fit place, en 1998, au Cercle de Lorraine.



Delta Nord
Après s’être chargé du service de renseignement du Front de la jeunesse (FJ), Paul Latinus créa dès 1979, d’abord en parallèle ensuite en dehors du « Front », une organisation clandestine. Elle prit le nom de Delta Nord et regroupait les éléments les plus radicaux du FJ. Après la fuite précipitée de deux de ses membres (Béatrice Bosquet et Jean-Marie Paul), l’activité de Delta Nord prit fin. Quelques temps plus tard, le WNP le remplacera.

Au sein de celui-ci, les références à « Delta » seront toujours faites. Ainsi en 1983, dans son mensuel « Thingvellir », un poème intitulé « Révolte » et faisant explicitement référence à Jean-Marie Paul (qui « est en fuite pour s’être défendu ») est signé par le mot « Delta ».



Europese partij-Parti européen (EPE)
Ce minuscule petit parti néonazi fut actif, entre 1971 et 1989, à Bruxelles. Son dirigeant-fondateur, feu Jacques Borsu, dans les années 60, avait milité dans l’organisation Jeune Europe. Par la suite, il s’engagea comme mercenaire en Afrique sous les ordres de Bob Denard. L’EPE collabora avec plusieurs structures d’extrême droite (dont les NEM-Clubs, le Front de la jeunesse,...) et avec d’autres qui servaient de lieu de rencontre entre les radicaux de cette mouvance et des milieux plus fréquentables (Comité Hongrie 1956-1976 ou Pro Vita, par exemple).
Des contacts entre le dirigeant de l’EPE et des personnalités du CEPIC eurent lieu. En juillet 1976, « Europe en Avant » (« l'organe de combat du Parti européen ») publia une interview de Robert Verbelen, un ancien nazi belge recruté après la Guerre 40-45 par l’un des services secrets américains.
Ce « parti européen » fut l’allié francophone du Vlaamse militanten orde (VMO). Lors du procès de ce dernier, en 1981 à Anvers, Borsu fut d’ailleurs condamné. Autres liens: des organisations néonazies internationales comme le Nouvel ordre européen (NOE), l’ANS (groupuscule terroriste allemand), le Mouvement européen, ainsi que Léon Degrelle. Des activistes de l’EPE se retrouveront au WNP. Parmi eux : Christian Elnikoff. Suite au décès de Jacques Borsu, le 2 novembre 1989, l’EPE disparut.



Front de la jeunesse (FJ)
En janvier 1974, un mouvement de jeunes nationalistes apparaissait à Liège sous le nom de Front universitaire liégeois. Son but était de « combattre la dictature marxiste dans l’enseignement ». Ce premier Front reçut directement l’appui du journal « Nouvel Europe magazine » (NEM). Neuf mois plus tard, avec une petite poignée d’étudiants de l’Université libre de Bruxelles (menés par Francis Dossogne) et de l’Université catholique de Louvain (menés par Daniel Gilson), ils mirent officiellement sur pied le Front de la jeunesse qui sera financé par les NEM-Clubs (la branche militante du « Nouvel Europe magazine ») et en deviendra sa section jeune.

L’éminence grise du FJ était Emile Lecerf, le rédacteur en chef du « NEM ». Les premiers objectifs de l’organisation: l’occupation du terrain politique sur les campus universitaires, mais aussi la formation idéologique de ses adhérents. A ses débuts, le FJ servait surtout de groupe d’action à plusieurs dirigeants du CEPIC et « travaillait » pour le Public information office.

Une dizaine de gendarmes militaient clandestinement dans ses rangs. Ils faisaient partie du Group G. Des renseignements politiques étaient récoltés par le FJ sur l’extrême gauche et les mouvements pacifistes. Jean Bultot y milita, tout comme l’actuel dirigeant du Vlaams Blok, Johan Demol. En 1981, des activistes frontistes participèrent à l’attentat contre le journal progressiste « Pour ».



Group G
Section du Front de la jeunesse (FJ) qui regroupait clandestinement des gendarmes d’extrême droite. Elle était directement sous les ordres de Francis Dossogne, le chef du FJ. Plusieurs membres du Groupe G seront cités dans les enquêtes sur les « années de plomb ».



Mouvement social populaire (MSP)
Le MSP fut le nom qu’adopta, à la fin des années 70, l’Association politique Ordre nouveau (APON). Objectif: brouiller les pistes. Depuis 1976, l’APON rassemblait les dissidents « nationalistes-révolutionnaires » du Front de la jeunesse qui s’alignaient officiellement sur des positions antirégimistes et préconisaient la « révolution fasciste ». Nous étions alors à l’époque où, en Italie, la stratégie de la tension battait son plein. Et justement, l’APON-MSP travaillait politiquement avec le cercle Culture et Liberté.

Fondé en 1975, les liens de celui-ci avec des organisations italiennes d’extrême droite impliquées dans le terrorisme étaient connus. Le verni antirégimiste n’empêcha pas les animateurs belges du cercle Culture et Liberté d’inviter le major Jean Bougerol à donner une conférence sur la subversion gauchiste aux militants néofascistes. Ce major était alors toujours lié au Front de la jeunesse et au CEPIC (l’aile droite du PSC).

Trois ans plus tard, « Solidaire », l’hebdomadaire du Parti du Travail de Belgique (PTB), publiera une enquête exclusive sur les missions d’infiltrations organisées par le MSP dans toute une série de mouvements de gauche, divers comités progressistes et partis politiques. Ses missions particulières faisaient-elles partie d’un plan plus vaste? Le MSP s’était-il transformé en réseau d’espionnage parallèle ? Si oui, pour le compte de qui ? Au service de celui organisé alors par Jean Bougerol ? Aucune réponse ne sera apportée à ces nombreuses questions. A l’heure actuelle, pourtant, des anciens de ce mouvement qui s’était donné comme but de déstabiliser l’Etat s’activent toujours dans des organisations d’extrême droite.

Westland new post (WNP)
Sans doute actif de 1979 à 1983, le WNP avait les caractéristiques de la plus parfaite des organisations nostalgiques de l’Ordre nouveau hitlérien. Structuré sur le modèle de la SS, le WNP ne pouvait nier son amour immodéré pour le national-socialiste. Mais le « folklore » de cette organisation n’est pas l’unique chose qu’il faudrait retenir d’elle. Le WNP fut avant tout une organisation clandestine dont le but était la déstabilisation de notre pays (par l’infiltration, la manipulation et divers projets d’attentats).

Issu du Front de la jeunesse, il bénéficiait d’un réseau d’information important avec des tentacules au coeurs même de l’appareil de l’Etat. Beaucoup de journalistes d’investigation et d’autres observateurs pensent que le WNP devait en réalité être un groupe d’action au service d’une structure encore plus importante. Pour sa part, le numéro un de cette organisation, Paul Latinus, retrouvé « suicidé » en 1985, affirmait être un agent de l’un des nombreux services secrets nord-américains. Plusieurs de ses activistes seront ensuite cités dans l’enquête sur les tueries du Brabant.

6clopes

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