Les éditions Rex et autres éditeurs collaborationnistes

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L'hebdomadaire Cassandre

Message par 6clopes le Mer 24 Mar - 15:16

source: http://theses.ulb.ac.be/ETD-db/collection/available/ULBetd-05152006-164146/

La demande permet à une nouvelle génération d’éditeur de se manifester. Certaines maisons d’édition sont créées avec l’appui de l’un ou l’autre service allemand. D’autres, qui ne s’inscrivent pourtant pas dans une politique de collaboration, sont fondées sous le regard attentif de la Propaganda Abteilung. Des maisons jugées hostiles au national-socialisme sont mises sous séquestre. Enfin, des administrateurs provisoires et des directeurs littéraires inféodés au nouveau pouvoir sont nommés. Comme le reste de la population, les acteurs du champ éditorial adoptent un éventail de positions qui va de la Résistance à la Collaboration avec, pour le plus grand nombre, une accommodation à des degrés divers. Si certains choisissent de résister et freinent la politique allemande du livre dans la mesure de leurs moyens, aucun toutefois n’entre dans la clandestinité. A partir du 15 janvier 1943, tous les manuscrits doivent toutefois passer entre les mains de l’administration allemande ; ce sera souvent la seule compromission des éditeurs. La grande majorité des maisons reste patriote, à l’instar des Editions Casterman, des Editions Dupuis ou des Editions Charles Dessart. Un réseau éditorial d’Ordre nouveau est en revanche composé par Léon Degrelle et des rexistes. Le 25 août 1940, la s.a. La Presse de Rex obtient de pouvoir sortir à nouveau son quotidien de combat, Le Pays Réel (1936). La ligne éditoriale outrancière du journal ne parvient pas à fidéliser son lectorat (moins de 10 000 exemplaires vendus en 1942) et Degrelle renfloue les caisses de la rédaction grâce aux bénéfices du Palais des Parfums, une entreprise juive spoliée, et à des subventions de la SS. En 1943, Degrelle finance un nouveau quotidien, L’Avenir, inspiré de Paris Soir. Le groupe de presse de Degrelle publie également des hebdomadaires : une version collaborationniste du Pourquoi Pas ?, intitulée pour l’occasion Voilà ; Tout, copié sur les géants Match, Tempo et Signal ; Indiscrétions, un magazine de mode qui prend rapidement le titre Elle et Lui ; et une revue pour jeunes gens, Mon Copain « volé ». La Presse de Rex possède encore trois maisons d’édition : les Editions Rex (1929), les Editions Ignis (1939), l’Uitgeverij Ignis (1941) et les Editions de L’Archer (1944). La s.a. Editoria, dirigée par le critique d’art Paul Colin, fait également partie du même réseau. Editoria regroupe la Nouvelle Société d’Edition (1934), l’hebdomadaire Cassandre (1934) et Le Nouveau Journal (1940). Des journalistes rexistes participent à la création de maisons littéraires : Claude Chabry fonde, en 1943, les éditions du même nom, les Editions du Rond-Point (1943) puis les Editions de La Mappemonde (1943) ; Victor Meulenijzer s’associe au caricaturiste de Cassandre René Marinus pour monter Les Editions du Dragon (1944) ; Eugène Maréchal relance en 1941 les Editions Maréchal (1938) et participe à la création des Editions du Carrefour (1943). Julien Bernaerts, le fondateur des Editions de la Phalange (1934) et de l’Uitgeverij De Phalanx (1938), se rallie à l’Ordre nouveau. Il est bientôt remarqué par le SS-Hauptsturmführer Hans Schneider qui travaille pour l’Ahnenerbe, le cercle académique de la SS. En 1943, Schneider persuade Bernaerts de créer l’Uitgeverij De Burcht. Dans le même cadre, Franz Briel, Léon Van Huffel et René Baert mettent sur pied les Editions de La Roue Solaire (1943). Proche de la SS, le directeur de l’Uitgeverij Steenlandt (DeVlag), Jan Acke, est abattu par la résistance. Il n’est pas le seul puisque Paul Colin est bientôt exécuté par un étudiant de l’Université libre de Bruxelles, Arnaud Fraiteur. Toujours dans l’orbite de la collaboration, les deux grands trusts de presse allemands Mundus et Amann essayent de pénétrer le marché belge. Tandis que le groupe germano-slovaque Mundus finance la création des Editions de La Toison d’Or (1941), fondées par Edouard Didier, Guido Eeckels et Raymond De Becker, Amann tente de s’emparer de l’Uitgeverij De Lage Landen (1941) de Guido Eeckels, puis Mundus devient un temps actionnaire de l’entreprise qui publie alors des ouvrages pour le compte du Deutsche Institut. Rappelons que, par l’entremise d’administrateurs provisoires, Amann pèse sur l’édition grâce à l’Agence Dechenne et signalons que Mundus a fait tomber le quotidien mosan La Légia (1940) dans son escarcelle. Les Editions de Belgique de Maximilien Mention, qui porte pourtant l’uniforme noir des cadres rexistes, ne semblent pas exprimer les idées nouvelles. Les journalistes rexistes Jules Stéphane et son épouse Marguerite Inghels dirigent la coopérative Les Auteurs Associés (1942) et Het Boek (1943) qui ne sont pas non plus d’obédience nazie. A la marge de ce réseau, mais très impliquées dans le réseau national-catholique, figurent les Editions L’Essor (1939) de Léon Renard. Comme toutes les coopératives ouvrières, les Editions Labor d’Alexandre André sont placées sous séquestre. André est maintenu à la direction commerciale de la maison tandis que le chef de la CCW est propulsé par l’occupant à la direction littéraire.

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Re: Les éditions Rex et autres éditeurs collaborationnistes

Message par 6clopes le Mer 24 Mar - 15:29

source: http://www.flwi.ugent.be/btng-rbhc/pdf/BTNG-RBHC,%2024,%201993,%203-4,%20pp%20441-500.pdf

En 1936, Pierre Fontaine devint, probablement grâce à l'entremise de Robert Lemoine, chef du service de presse de l'Office de redressement économique (OREC),139 ce qui émut la presse catholique et rexiste et le sénateur Dorlodot Ce dernier interpella Van Zeeland, insistant sur "l'absence totale de sens moral et patriotique" du directeur du "Rouge et
Noir" rappelant pour l'occasion quelques-uns des passages les plus irrévérencieux du "Dictionnaire subversif" de Campion que le journal avait publié. Une longue polémique s'ensuivit à laquelle participèrent notamment "Cassandre", "La Libre Belgique" et "Rex'.
L'affaire embarrassa le gouvernement qui, semble-t-il, remercia cet encombrant collaborateur avec un substantiel dédommagement en affirmant qu'il n'avait été engagé que pour "une tâche technique momentanée".

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RUE ,ARNAUD FRAITEUR

Message par grand lug le Mer 24 Mar - 17:18

? en1944,la population arrache les plaques de rue ,et rebaptise rue Fraiteur ,cette rue d IXELLES ,POURQUOI ?
Voir PAUL COLIN ?ORDRE NOUVEAU ,? OU CASSANDRE ?
BONNE CHASSE !owen

grand lug

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Arnaud Fraiteur

Message par 6clopes le Mer 24 Mar - 17:27

Arnaud Fraiteur est un résistant belge, né à Ixelles le 23 mai 1924 et mort au Fort de Breendonk le 10 mai 1943.
Après des études secondaires à l'Athénée communal d'Uccle, il s'inscrit comme étudiant à l'Université Libre de Liège mais suit les cours clandestins organisés par l'ULB à Bruxelles.
Il adhère en 1941 à l'Armée belge des Partisans (Partisans armés). Il rejoint une unité bruxelloise spécialisée dans la lutte contre la collaboration intellectuelle. Cette unité comprend un grand nombre de jeunes proches de l'Université libre de Bruxelles.
Il participe à plusieurs actions, dont l'assassinat du journaliste et critique d'art Paul Colin, directeur et rédacteur en chef du quotidien Le Nouveau Journal, qu'il avait créé en 1940 pour diffuser ses idées de collaboration avec l'occupant allemand.
Le 13 avril 1943, en compagnie d'André Bertulot et de Maurice Raskin, il abat Paul Colin et son garde du corps Gaston Bekeman dans la librairie située 87 rue de la Montagne à Bruxelles, au-dessus de laquelle se trouvent les bureaux du "Nouveau Journal". Raskin et Bertulot, qui ont couvert la fuite de Fraiteur, sont rapidement arrêtés, mais Arnaud Fraiteur parvient à s'enfuir.
Quoique l'attentat ne concerne que des ressortissants belges, les autorités allemandes s'emparent immédiatement du dossier, montrant par là l'importance qu'elles accordent à la personne de Paul Colin. La Feldgendarmerie, la Geheime Feldpolizei et la Gestapo descendent sur les lieux de l'attentat. L'occupant garde à sa disposition André Bertulot (arrêté le jour même) et Maurice Raskin (arrêté le lendemain). La police et la justice belges sont ainsi dessaisies du dossier.
Arnaud Fraiteur est rapidement identifié grâce à la plaque d'immatriculation du vélo qu'il a abandonné sur place. La maison familiale est mise sous surveillance le soir même.
Arnaud Fraiteur, en fuite, ne rentre pas chez lui et se cache à Uccle chez des amis de ses parents tandis que le réseau Zéro, avec l'aide du réseau belge de France ALI, dirigé par Joseph Dubar, organise son évacuation vers l'Angleterre. Le réseau Zéro fait appel à un chauffeur du ministère des Colonies pour conduire Arnaud Fraiteur vers la France. Mais le chauffeur, aidé du directeur qui remplace Paul Colin à la tête du "Nouveau Journal", le dénonce aux autorités allemandes, ce qui permet à la Gestapo de l'arrêter le 19 avril à quelques kilomètres de Halle, sur la route qui le conduit vers la frontière française. Fraiteur, Raskin et Bertulot sont condamnés à mort après un simulacre de procès devant le Conseil de Guerre de l'Obberfeldkommandantur à Bruxelles. Ils sont exécutés par pendaison au Fort de Breendonk le 10 mai 1943. Ils sont inhumés à Schaerbeek dans "l'Enclos des Fusillés".
Le 3 octobre 1944, les coauteurs de la dénonciation d'Arnaud Fraiteur sont condamnés à mort par le Conseil de Guerre du Brabant et fusillés dans le dos à la prison de Saint-Gilles le 13 novembre suivant.

6clopes

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