Opération Europa: des eurodéputés très surveillés par les services colombiens

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Opération Europa: des eurodéputés très surveillés par les services colombiens

Message par 6clopes le Ven 9 Juil - 13:37

source lalibre.be
Geneviève Maurer
Mis en ligne le 09/07/2010

Une douzaine de députés européens ont fait l’objet d’une surveillance des services secrets colombiens.
Une plainte se prépare contre l’“Opération Europa”.


Des personnes travaillant au Parlement européen à Bruxelles et surveillées étroitement par les services de renseignements colombiens du DAS (Département Administratif de la Sécurité), qui y a lancé une opération de déstabilisation, ont décidé de porter plainte en Belgique.
"Une action judiciaire sera lancée en Europe dans les prochaines semaines", annonce à "La Libre" Paul-Emile Dupret, conseiller juridique de la GUE, Gauche unie européenne. "Pour le moment, les victimes, personnes morales ou physiques, sont en train de préparer cette action judiciaire à Bruxelles, avec l’aide de divers bureaux d’avocats et de la Ligue belge des droits de l’homme".
Déjà, le 22 juin dernier, lors d’une audience spéciale organisée par Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen, trois personnalités des droits de l’homme avaient dénoncé des écoutes illégales et menaces perpétrées par le DAS contre plusieurs ONG en Belgique dans le cadre de l’"Opération Europa". A cette occasion, la journaliste colombienne Claudia Julieta Duque avait mentionné un document du DAS indiquant que la Commission européenne des droits de l’homme faisait partie des cibles à discréditer. Mais au-delà des ONG en territoire belge, le DAS a également espionné le Parlement européen.
M. Dupret, militant altermondialiste belge, l’affirme : " J’ai été victime d’interceptions par le DAS de courriels que j’ai envoyés de ma boîte mail du Parlement européen, dans le cadre de mon travail de conseiller parlementaire, à M. Alirio Uribe qui est un avocat défenseur des droits de l’homme bien connu en Colombie et à l’étranger, puisqu’il est secrétaire général de la FIDH. Les documents qui sont en mains de la justice colombienne font état d’interceptions depuis 2004; je ne sais pas s’il y a eu d’autres interceptions après cette date, mais je crois que c’est très probable, car mon nom apparaît à divers endroits du dossier, comme une des personnes à surveiller et que le G3 considère comme cibles de ses actions dans le cadre de l’Opération Europa."
A la suite des surveillances du DAS, M. Dupret a aussi été mis sur liste noire : il ne peut ni voyager aux Etats-Unis ni être à bord d’un avion survolant ce territoire. Un communiqué de la Cour interaméricaine des droits de l’homme rappelle que le G3 était la cellule du DAS pour "surveiller les activités visant à porter des cas au niveau international ", les cas se référant à de graves violations des droits humains perpétrés par l’Etat colombien. L’existence du G3 a été connue début 2009, quand l’hebdomadaire "Semana" a sorti le scandale des écoutes illégales, pressions, et menaces du DAS.
Parallèlement au cas de M. Dupret, l’espionnage du DAS a aussi porté sur une douzaine de députés européens, selon une source colombienne gardant l’anonymat pour des raisons de sécurité.
L’ordre, selon cette source, était d’identifier les députés critiques de la politique du président Uribe. Des documents attestent de la compilation par le DAS d’informations accessibles au grand public sur cette douzaine de parlementaires, ainsi que leur identification avec photos. Mais il n’y a plus de traces écrites ou autres de mesures ayant suivi ce repérage préliminaire : en effet, début 2009, juste avant une perquisition du parquet colombien, le DAS a détruit un grand nombre d’archives, dont celles de l’Opération postérieures à l’année 2005. Les informations accessibles portent donc seulement sur la période 2003-2005. Parmi les archives détruites, il y avait probablement des documents sur l’"Opération Salomon" (voir article ci-joint, NdlR).
Aujourd’hui, il n’y a que des témoignages. Mais il est possible que le DAS poursuive ses actions d’intimidation. C’est en tout cas la conviction de Paul-Emile Dupret : " Le 23 mars ", dit-il, " j’ai vu le député socialiste Richard Howitt expulser d’une réunion une personne qui s’était présentée comme membre du service extérieur du Parlement européen et qui interrompait constamment et de façon menaçante deux avocats colombiens venus au Parlement européen pour demander une commission d’enquête internationale sur le cas des fosses communes découvertes à côté d’une brigade militaire dans la région de La Macarena. Je n’avais jamais vu cela, pour aucun pays." " Il faut aussi constater", poursuit-il, " que malgré la situation dramatique des droits de l’homme en Colombie, ce gouvernement est parvenu à agir en interne pour éviter que le sujet soit inscrit à l’ordre du jour des séances plénières depuis au moins 4 ans ".

6clopes

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