La stratégie bien rodée de Wikileaks

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La stratégie bien rodée de Wikileaks

Message par 6clopes le Dim 22 Aoû - 13:35

La stratégie bien rodée de Wikileaks
LEMONDE.FR | 26.07.10

Il y a eu la publication de la liste des adhérents du BNP, le parti d'extrême droite britannique. Puis celle des centaines de milliers de messages texte envoyés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001, ou encore la mise en ligne d'une vidéo d'une bavure en Irak qui s'était soldée par la mort de plusieurs civils. Depuis sa création en 2007, le site Wikileaks, spécialisé dans la publication de documents confidentiels, a rendu publics des milliers de fichiers de toutes natures : documents militaires, compte-rendus de réunions secrètes, rapports d'écoutes et autres documents de services de renseignement ou militaires.

Wikileaks fonctionne sur un principe simple : le site offre un anonymat total à ses informateurs, qui peuvent envoyer des documents par connexion sécurisée sur Internet ou par la Poste. Ce qui n'empêche pas ses "taupes" de courir des risques : fin mai, Brad Manning, un soldat américain de 22 ans, a été arrêté par la police militaire. Il est soupçonné d'avoir transmis à Wikileaks la vidéo d'une bavure de l'équipage d'un hélicoptère Apache, qui avait ouvert le feu sur des civils dans les faubourgs de Bagdad en 2007. Il est également suspecté d'avoir transmis au site 150 000 télégrammes diplomatiques, copiés depuis son poste de travail... sur un faux CD de Lady Gaga !

Il sera en revanche beaucoup plus difficile pour les services américains de remonter jusqu'à la source des "journaux de guerre afghans". Comme l'explique Mother Jones, les 90 000 documents militaires publiés ce week-end par le site proviennent du Secret Internet Protocol Router Network (SIPRNet), un réseau auquel peuvent avoir accès la quasi-totalité des militaires engagés en Afghanistan, et même des prestataires de l'armée.

UNE COMMUNICATION BIEN HUILÉE
Les équipes de Wikileaks – représentées par le charismatique Julian Assange – ne sont pas seulement spécialisées dans la publication anonyme de documents. Elles sont également expertes en communication et en relations médias.
La publication des "fichiers afghans" ne s'est pas faite au hasard. Wikileaks a tout d'abord édité les quelque 100 600 documents obtenus, et en a supprimé 15 000 pour "éviter de porter préjudice à des sources". Le site a ensuite contacté trois journaux – le Guardian, le New York Times et le Spiegel – pour leur proposer l'accès en avant-première aux documents, à condition qu'ils n'en dévoilent pas le contenu avant ce lundi 26 juillet. Une sélection qui ne doit rien au hasard : outre la légitimité de ces trois grands quotidiens internationaux, Wikileaks a ainsi ciblé deux titres aux sites Web expérimentés dans le traitement journalistique de vastes quantités de données, et un grand hebdomadaire d'un pays où la guerre en Afghanistan est particulièrement mal perçue dans l'opinion publique.

PARTIES DE CACHE-CACHE
Car si Wikileaks est une source de première importance, c'est aussi un média engagé. A plusieurs reprises, Julian Assange a pris la parole pour dénoncer les gâchis humains que représentent les guerrres en Irak et en Afghanistan. C'est d'ailleurs le message que tente de faire passer l'armée américaine, quelques heures après la publication des "journaux afghans" : dans un courriel envoyé aux rédactions américaines, la Maison Blanche estime qu'"il est important de noter que Wikileaks n'est pas un média objectif, mais une organisation opposée à la politique menée par les Etats-Unis en Afghanistan".

Le site n'en est pas à son coup d'essai : lors de la publication de la vidéo de la bavure américaine en Irak, il avait savamment fait monter la pression plusieurs semaines avant la mise en ligne, annonçant coup sur coup qu'il détenait un "document exceptionnel", puis qu'il était espionné par la CIA. Recherché par le Pentagone depuis plusieurs semaines, qui souhaite le convaincre de ne pas publier des télégrammes diplomatiques qui seraient en sa possession, Julian Assange joue au chat et à la souris avec les enquêteurs, apparaissant ici ou là, à des conférences ou sur des plateaux de télévision. Faute d'un mandat, des agents du FBI lancés à sa poursuite avaient dû payer leur entrée à la conférence HOPE, à New York en juin... pour rien : Julian Assange n'y avait finalement pas assisté, ses avocats lui ayant déconseillé de rester sur le sol américain.

FINANCEMENT ERRATIQUE
Malgré son aura, et les nombreuses informations exclusives révélées par Wikileaks, Julian Assange ne fait pas l'unanimité, y compris chez les défenseurs de la liberté d'expression et les militants de l'accès aux données publiques. Géré par une fondation, Sunshine Press, et financé uniquement par des dons, Wikileaks fait face à de graves difficultés financières. En janvier, le site annonçait avoir reçu 130 000 dollars de dons en 2009 (100 000 euros), alors qu'il dit avoir besoin de 200 000 dollars pour assurer ses dépenses de fonctionnement et de 600 000 dollars pour payer ses employés.
Conséquence de ces difficultés, le site tournait au ralenti ces derniers mois. "Malgré une flopée d'articles de presse plutôt flatteurs, décrivant Wikileaks comme une source inépuisable de documents embarrassants pour les multinationales et les gouvernements, le site n'a publié que douze documents depuis le début de l'année, et le dernier [date d']il y a quatre mois", notait Wired fin juin. Mi-juin, la page permettant d'envoyer des documents au site avait cessé de fonctionner : Wikileaks avait oublié de renouveler son certificat SSL, une mesure de sécurité ne coûtant que quelques dizaines de dollars.
La gestion des dons et le budget de Wikileaks sont peu clairs. Au fil des mois, un ou plusieurs accusateurs anonymes se présentant comme des membres ou d'anciens membres de Wikileaks ont accusé Julian Assange d'avoir utilisé l'argent des dons à son propre profit ou de détourner le site de son but originel, en donnant la priorité à des informateurs sélectionnés. "De la désinformation" pure et simple, a rétorqué Wikileaks, sans donner davantage de précisions sur le budget de fonctionnement du site.
Après avoir publié la vidéo de la bavure en Irak, le site avait engrangé 150 000 dollars de dons. Les "journaux de guerre afghans", dont le retentissement est bien plus important, devraient également susciter un important volume de dons.
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Wikileaks continuera à publier des infos confidentielles
samedi 07 août 2010, 16:58

Le site internet a affirmé samedi qu’il continuerait à publier des informations classées confidentielles par les gouvernements, malgré l’opposition des Etats-Unis, qui lui demandent de ne pas révéler de nouveaux documents militaires secrets.

« Je peux vous assurer que nous continuerons à publier des documents, c’est notre travail », a déclaré à l’Associated Press un porte-parole de Wikileaks disant s’appeler Daniel Schmitt, un nom d’emprunt destiné à protéger son identité.
Wikileaks est la cible de critiques de la part de l’administration américain après la publication le 25 juillet de quelque 90.000 documents sur l’Afghanistan classés secret-défense. Des informations qui menace la sécurité nationale du pays et mettent en danger la vie des soldats sur le terrain, selon Washington.
Le Pentagone a exigé jeudi que Wikileaks retire les informations déjà mises en ligne et revienne sur ses projets de publication de 15.000 nouveaux documents américains classés confidentiels.
Mais, selon Daniel Schmitt, la publication de ces documents contribue à la compréhension des conflits par la population mondiale. « La connaissance des événements en cours, comme la guerre en Afghanistan, est le seul moyen de créer quelque chose qui ressemble à la sécurité », a-t-il affirmé lors d’un entretien à l’AP. « Espérons que, grâce à cette compréhension, l’attention du public conduira les gouvernements à mener des politiques meilleures ».
Le porte-parole a également rejeté l’argument selon lequel la publication de ces informations menace la sécurité américaine ou la vie des soldats sur le terrain. « Nous faisons de notre mieux, et nous continuer à essayer de minimiser les dégâts causés », a-t-il dit.
(ap)
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Le fondateur de WikiLeaks recherché en Suède pour viol
samedi 21 août 2010, 12:08

Le fondateur du site internet WikiLeaks, Julian Assange, est recherché en Suède où il est accusé de viol. Il avait annoncé récemment sa volonté de publier 15.000 nouveaux documents militaires confidentiels.

« Julian Assange est recherché pour deux raisons différentes, l’une étant qu’il est accusé de viol », a déclaré à l’AFP le directeur de la communication du parquet, Karin Rosander.
Il n’a pas été en mesure de préciser le second chef d’accusation ni si l’avis de recherche était international.
Selon le quotidien suédois Expressen, M. Assange, un Australien de 39 ans, est également recherché pour agression sur une femme.
Le fondateur de WikiLeaks, un site spécialisé dans la publication de documents confidentiels, était en Suède la semaine dernière.
Au cours d’une conférence de presse à Stockholm, il a annoncé sa volonté de publier quelque 15.000 nouveaux documents militaires confidentiels sur la guerre en Afghanistan.
(D’après AFP)

6clopes

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peau de banane

Message par Invité le Dim 22 Aoû - 16:49

Julian Assange, un temps recherché pour viol en Suède, estime dimanche que le Pentagone pourrait être derrière ces accusations visant, selon lui, à "détruire" le site internet qui embarrasse l'armée américaine par la publication de documents classifiés.




"Je ne sais pas ce qui se cache derrière (ces accusations). Mais on nous avait avertis que, par exemple le Pentagone, nous jouerait de vilains tours pour nous détruire", affirme M. Assange dans un entretien publié dimanche matin par le tabloïd suédois Aftonbladet.

"En plus, on m'avait mis en garde contre des pièges sexuels", ajoute-t-il, sans vouloir préciser s'il pensait être tombé dans ce type de machination.

"Peut-être, peut-être pas", dit-il simplement.



Julian Assange brandit un exemplaire du Guardian lors d'une conférence de presse à Londres le 26 juillet 2010.

Julian Assange a fait l'objet de deux procédures de la justice suédoise après que deux femmes eurent raconté vendredi soir à la police avoir été, l'une violée et l'autre agressée par le fondateur de WikiLeaks. Le Parquet a levé l'avis de recherche pour viol estimant finalement que M. Assange "n'était pas suspect", mais l'enquête pour agression se poursuit.

M. Assange avait immédiatement nié les faits reprochés et dénoncé une manoeuvre malveillante contre WikiLeaks. Ce site s'est attiré les foudres de l'administration américaine en publiant récemment quelque 77.000 documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan. Et M. Assange a promis la prochaine publication des 15.000 autres documents classifiés qu'il possède sur ce conflit.




Dimanche, Julian Assange précise que malgré la levée de l'avis de recherche, l'affaire occasionne "de gros dégâts" pour WikiLeaks."Il y a eu des titres (dans les médias) dans le monde entier sur le fait que j'étais suspecté de viol (...) Et je sais par expérience que les ennemis de WikiLeaks continuent de trompeter les choses même après qu'elles ont été démenties", assure-t-il.

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