2010 / Nucléaire : l'Iran dit n'avoir "pas de problème" pour un échange d'uranium

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2010 / Nucléaire : l'Iran dit n'avoir "pas de problème" pour un échange d'uranium

Message par 6clopes le Sam 6 Mar - 16:07

L'Iran a réaffirmé n'avoir "pas de problème" pour un échange d'uranium avec les grandes puissances, provoquant des réactions prudentes dans les capitales occidentales qui ont entamé des discussions sur des sanctions internationales contre Téhéran pour sa politique nucléaire.

L'Iran est toujours prêt à échanger une partie de son uranium faiblement enrichi (3,5%) contre du combustible hautement enrichi (20%) dont il a besoin pour son réacteur de recherche de Téhéran, a déclaré M. Ahmadinejad lors d'une interview mardi soir à la télévision d'Etat consacrée aux questions économiques.

"Il n'y a vraiment pas de problème. Certains (en Iran) s'agitent pour rien. Nous signons un contrat. Nous leur donnons de l'uranium enrichi à 3,5% et au bout de quatre ou cinq mois ils nous donnent (l'uranium enrichi) à 20%", a-t-il déclaré.

L'Iran a rejeté en novembre une proposition du groupe des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) sur l'envoi de la plus grande partie de son stock d'uranium en Russie et en France pour y être transformé en combustible pour son réacteur de Téhéran, mesure visant selon les Six à établir un "climat de confiance".

Téhéran a refusé, fixant en retour un ultimatum aux Six pour qu'ils acceptent avant fin janvier de lui livrer du combustible à ses conditions --un échange simultané et en petites quantités--, menaçant dans le cas contraire de produire lui-même de l'uranium hautement enrichi.

M. Ahmadinejad n'a fait aucune référence à cet ultimatum, ni à sa décision annoncée le 2 décembre de lancer la production en Iran d'uranium enrichi à 20%.

Pékin, allié de Téhéran dans le dossier nucléaire, a immédiatement estimé "urgent" de poursuivre les négociations, mais les autres capitales ont réagi avec beaucoup de prudence.

"Si l'Iran est prêt à revenir à l'accord original" proposé par les Six, "nous ne pouvons que le saluer", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en ajoutant que Moscou attendait des "précisions".

Londres et Berlin ont estimé que Téhéran devrait confirmer son retour à la table des négociations par des "engagements concrets", tandis que Paris, par la voix du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, s'est dit "un peu pessimiste" et a affiché sa volonté de poursuivre sur la voie de nouvelles sanctions.

De son côté, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a refusé de commenter la nouvelle position de Téhéran.

M. Ahmadinejad, qui parlait de façon informelle en racontant, à l'adresse des Iraniens, le déroulement des négociations des derniers mois, a également évoqué une autre option, rejetée par les Six, selon laquelle Téhéran pourrait conserver son uranium faiblement enrichi jusqu'à l'envoi en Iran par les grandes puissances du combustible à 20%.

Il n'a par ailleurs pas évoqué la quantité d'uranium qui pourrait être impliquée dans cet échange, principal point d'achoppement entre l'Iran et les Six.

Les Occidentaux redoutent que la République islamique ne cherche à produire de l'uranium suffisamment enrichi pour construire une arme atomique, ce que Téhéran a toujours démenti.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a affirmé mercredi à Ankara que l'Iran souhaitait "poursuivre la discussion". Il avait fait état la semaine dernière à Davos de "nouvelles idées" sur l'échange de combustible nucléaire, affirmant, sans donner de détails, que l'Iran avait "levé des ambiguïtés sur la modalité" de cet échange et que le dossier nucléaire avait repris "son cours normal".

Ces déclarations apaisantes mais vagues des dirigeants iraniens sont intervenues alors que les Six ont entamé mi-janvier des discussions sur de nouvelles sanctions contre l'Iran.

Les Occidentaux et la Russie ont averti la semaine dernière qu'ils allaient "avancer sur la voie des sanctions", le dialogue n'ayant "pas produit les résultats que certains espéraient" selon la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

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Message par 6clopes le Sam 6 Mar - 16:16

L'UE s'interroge sur des sanctions contre Téhéran

Pressée par la France, l'Union européenne s'interroge sur l'adoption éventuelle de nouvelles sanctions hors du cadre de l'ONU contre Téhéran, dont le refus persistant de cesser d'enrichir de l'uranium suscite une inquiétude croissante des Occidentaux.

Depuis fin 2006 et le rejet par Téhéran d'une vaste offre de coopération conditionnée au gel de ses activités d'enrichissement d'uranium, les 27 adoptent avec le dossier nucléaire iranien une "double approche" qui consiste à soutenir le processus de sanctions progressives entamé à l'ONU en décembre, tout en laissant la porte ouverte au dialogue avec Téhéran.

Au nom des six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France, Allemagne), le diplomate en chef de l'UE Javier Solana a ainsi des contacts réguliers avec le principal négociateur nucléaire iranien Ali Larijani.

Mais depuis le discours de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs de France fin août, dur pour l'Iran, "il y a eu un tournant français", souligne un responsable européen sous le couvert de l'anonymat. "Alors que la priorité avait toujours été de rester au sein de l'ONU, (d'éventuelles sanctions hors ONU) ne sont désormais plus taboues".

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a confirmé dimanche haut et fort ce durcissement de ton en soulignant que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran, si ce pays persistait dans son refus de suspendre l'enrichissement, suspecté d'alimenter un programme nucléaire militaire.

Il a aussi confirmé que Paris plaidait pour que les 27 prennent des sanctions économiques contre Téhéran en dehors du cadre des Nations unies, une option qui reflète la crainte que la Russie et la Chine ne s'opposent à un troisième train de sanctions pour faire enfin plier Téhéran.

Mais si les Britanniques sont sur cette ligne depuis longtemps, les autres Européens ne sont pas tous convaincus, et certains pourraient s'alarmer de l'"imprudence diplomatique majeure" que représente l'emploi du mot "guerre" par M. Kouchner, selon un diplomate.

Même si M. Kouchner a affirmé dimanche que l'Allemagne avait elle-même "proposé" des sanctions économiques européennes autonomes, Berlin - dont la chancelière conservatrice Angela Merkel doit gérer une coalition compliquée avec les sociaux-démocrates - "n'est pas décidé", a souligné un diplomate européen.

Un porte-parole du gouvernement allemand a simplement reconnu vendredi que la question se posait de "savoir si l'Europe ne devrait pas prendre une initiative" si une troisième résolution était bloquée à l'ONU.

"D'autres pays comme l'Italie et l'Espagne pourraient aussi être réticents à quitter le cadre onusien" et à rendre plus "atlantiste" une position européenne traditionnellement médiane entre Moscou et Washington, selon ce diplomate.

Les diplomates de l'UE gardent en mémoire la douloureuse fracture de l'Europe en 2003 face à l'intervention américaine en Irak, sans l'aval de l'ONU.

Si ce débat sur des sanctions autonomes n'est pas tranché, le discours le 11 septembre à l'AIEA de l'ambassadeur de l'UE intégrait déjà ce durcissement français: il était inhabituellement sévère à l'égard de Téhéran et moins encourageant pour le travail d'inspections mené par l'AIEA. Le directeur de l'Agence, Mohamed ElBaradei, a quitté la réunion, conscient que les Européens prenaient leurs distances.

Les positions des 27 devraient se préciser dans les prochains jours, avec la conférence générale de l'AIEA qui s'ouvrait ce lundi à Vienne et la préparation de la réunion des Six convoquée par Washington le 21 septembre, pour examiner un projet de nouvelles sanctions onusiennes.

6clopes

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